Pourquoi j’ai rejoint le logiciel libre ? Pourquoi je rejoins BibLibre ?

Dès que les choses changent, c’est à dire à peu près tout le temps, ma première préoccupation est d’observer quel est le sens de ce changement, ce qu’il ouvre comme nouvelles voies, ou quelles sont ses conséquences sur les clients et les usagers.
La gestion en mode « crise » qui a surgi partout sans crier gare, et celles qui suivront immanquablement, vont s’imposer à nous de façon durable ou répétée.
A coté des très nombreux aspects négatifs et désagréables de cette situation, je trouve que l’on observe un phénomène que je qualifierais de positif, sur lequel je voudrais m’attarder.

D’une façon générale, les mécanismes sociaux et économiques trop complexes, quelquefois artificiels, injustes, ne reposant pas sur une nécessité directe ou logique, se sont effondrés les premiers. Ceux des banques ont fait la une de l’actualité, mais par un effet de château de cartes plus ou moins marqué, tous les domaines de notre vie ont été peu ou prou touchés, laissant le champ libre à des mécanismes plus solidaires, plus directement nécessaires, concrets ou « réels ».

Dans le domaine dans lequel nous opérons, celui des logiciels de gestion et d’échange destinés aux bibliothèques et à leur usagers, je pense très sincèrement que nous vivons un phénomène qui, à la faveur de ce qui a été dit plus haut, « risque « , ou « a des chances » d’être irréversible.

Il est probable que notre industrie revienne à des choses plus simples, plus logiques, plus justes.

Le modèle économique des éditeurs de logiciel repose sur des principes que l’on peut admettre quand tout va bien et que les budgets coulent à flots, mais que l’on peut, ou doit, contester lorsque les temps sont durs, et que le service aux usagers, pour qui les temps sont également plus durs, doit être intensifié, ne serait ce que pour des raisons sociales.

Show must go on, but with less money …

Un jeune du « neuf-trois » ou une retraitée du « sept-huit » doivent plus que jamais pouvoir accéder à la lecture publique, et disposer d’outils modernes et pertinents pour trouver la bonne offre au bon moment. Faudrait il que ce soit devenu impossible, parce que sa bibliothèque n’a plus les moyens de payer la licence d’un logiciel que 100 clients ont pourtant déjà payé et repayé ?

Je ne le crois pas. Et les autres modes de fonctionnement qui ont émergé répondent à cette situation, et à bien d’autres, en mettant en avant les valeurs du partage, de la solidarité, tout en permettant de mettre en place de véritables entreprises, saines, créatrices d’emplois, reposant sur un modèle économique simple, juste, qui est en train de passer de la phase pionnière à une phase mature qui le verra s’imposer sur notre marché.

Les principes du logiciel libre sont formidablement simples : un nouveau client ne paye pas ce que d’autres ont déjà payé, il en dispose gratuitement, il peut participer à l’effort communautaire en finançant des ajouts ou des améliorations qui rentreront dans le pot commun, et qui feront que le client suivant se retrouvera dans la même situation, mais avec un logiciel encore enrichi, qu’il pourra à son tour, en fonction de ses moyens, faire avancer.
Cette dynamique est terriblement efficace, elle alimente une progression rapide et sans limite.
Grâce à elle, la courbe des fonctionnalités disponibles de logiciels encore hier débutants va croiser et dépasser irrésistiblement celle de logiciels plus accomplis, mais enrayés dans leur progression, bloqués, formol-isés, si ce n’est disparus corps et biens, ou fauchés en pleine course par arrêt d’un arbitre que personne ne connait.

Un certain nombre de pionniers ont créé ce mouvement, je les ai toujours observé, intrigué, amusé et peut être envieux.
J’ai souhaité rejoindre cette dynamique.
Mon souhait, mon défi, est de « durcir » de l’intérieur une logique qui pourrait être fragile, en y amenant des facteurs de structuration, de solidité dans le temps.
Pérenniser une sorte de concept de « logiciel équitable », démontrer que l’on peut être à la fois un acteur du logiciel libre et une entreprise qui s’insère dans le tissu économique, assure un service complet, et crée des emplois pour nos jeunes développeurs et bibliothécaires.

Pour ce faire, j’ai choisi de rejoindre BibLibre.
Principal acteur actuel du logiciel libre pour les bibliothèques, fondée par des pionniers, entourés par une équipe sympathique et compétente, forte de nombreux clients satisfaits, BibLibre affiche un potentiel presque insolent.
Tout y est : développement, diversification possible, croissance, implantation à l’étranger…
Dès lors qu’une porte pouvait s’y ouvrir, et que la tentation se fait raison, comment résister ?

Il y a d’autres acteurs intéressants dans le monde libre, et il faut qu’il y en ait ! Il y a aussi les éditeurs « classiques », qui ont encore beaucoup à dire…
Le marché sera vivant ! L’aventure sera là ! Je vous y donne rendez vous.

Philippe Chabanon

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A propos Philippe Chabanon

Après une Maîtrise de Mathématiques, Philippe s’est lancé dans le service en informatique et n’en est plus jamais ressorti. Près de 30 ans d’expérience dans différentes entreprises, SSII et éditeurs, et une multitude de métiers : programmeur, chef de projets, manager, responsable d’unités techniques, commercial, Ingénieur d’affaires, Directeur commercial, et bien d’autres. Depuis plus de 10 ans, lorsque Philippe a conduit le projet SUDOC en maîtrise d’œuvre, cette activité s’est plus particulièrement exercée dans les domaines de la bibliothéconomie et des Archives. En rejoignant BibLibre, Philippe apporte son expérience, son recul et son enthousiasme, pour consolider, structurer et développer un pont solide entre le monde des logiciels libres et celui de l’entreprise responsable.

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