Je suis à Bratislava, à la conférence ELAG 2009. J'y ai fait, le second jour, une intervention sur SOPAC et les web services de Koha (cf billet précédent). Petit résumé des interventions de la première journée.
Karen Coombs. Mashing up and remixing the library website
Karen est responsable des services web des bibliothèques de l'Université de Houston. Je retiens deux choses de sa présentation.
La première, c'est que dès qu'on contenu est créé, il faut prévoir deux sorties : la sortie écran, et une sortie xml. Qui peut prendre bien des formes. Par exemple, sur une page où apparaît un contact (nom, téléphone, etc.), proposer un microformat hcard.
La seconde, c'est que les choix politiques ou de GRH dictent souvent les choix techniques. Par exemple, elle n'utilise pas un CMS, mais un outil maison fait en Coldfusion. Pourquoi? Parce que quand elle a démarré, tous les principaux étaient en PHP elle il n'y avait pas de compétences PHP en interne, mais des compétences en Coldfusion.
Marcus Spiering. Recommender systems
Marcus est à la bibliothèque universitaire de Karlsruhe. Ils ont mis en place un système de recommandations qui propose, pour une référence, d'autres références proches. Ils suivent les sessions de l'opac. Si dans la même session, quelqu'un regarde les notices de "Harry Potter", "Unix pour les nuls" et "Les bibliothèques demain", le système enregistre cette combinaison. La prochain fois que quelqu'un affiche l'une de ces trois notices, le système recommandera les deux autres. En tenant compte de certains critères qui font que dans la réalité, cette recommandation précise n'apparaîtrait pas, quand bien même la session aurait bien été enregistrée ainsi. En effet, le système calcule des combinaisons au hasard, et pour que la recommandation soit effective, il faut que la combinaison soit statistiquement bien supérieure au hasard. L'intégration dans l'opac est ensuite un simple javascript collé dans la code.
David Nicholas. The Google generation
David Nicholas est l'auteur d'un livre sur le sujet. Un style très flamboyant, qui ne me convient pas. Ce qui n'enlève rien au fond, appuyé sur de solides enquêtes statistiques et qualitatives. L'argument tient en 2 mots : tout le monde, adultes comme plus jeunes, chercheurs avancés et débutants, zappe sur internet; que les bibliothèques ne se sont pas adapté; qu'avant de construire des systèmes informatiques et d'acheter de la doc. électronique, elles devraient mettre des moyens, en argent et en budget, pour mener des études sérieuses sur les comportements, les attentes et les besoins des usagers. Amen
Tobias Viegener. SwissBib
Tobias travaille à Bâle, à la bibliothèque d'Etat. Il travaille à un projet de catalogue collectif Suisse complet, qui fonctionnera par export des notices des catalogues locaux, et ensuite un énorme travail sur les données, pour les homogénéiser, dédoublonner, etc. Ensuite un second export vers le moteur Fast, où les données sont encore un peu retravaillées, puis des interfaces publiques par dessus. Bref, le SUDOC, mais à l'envers : le système va chercher les données dans les catalogues locaux, plutôt que d'obliger tout le monde à cataloguer dans une base centrale.
Une remarque incidente de Tobias Viegener, suite à une question du public : des solutions Lucene / Solr ont été envisagées, mais ils avaient obligation de passer par un appel d'offre public, et ils n'ont pas eu de réponse en ce sens.
Lisa Rogers. TicTOCs et Gold Dust
Lisa Rogers, de l'université Heriot-Watts, en Ecosse, a parlé de deux projets auxquels elle a travaillé : tictocs et gold dust.
TicTOCs est une base de données de fils RSS pour les journaux électroniques. Et un service d'alertes bâti sur ce service. Qui prend la forme où bien de flux RSS, directement, où bien d'interfaces publiques qui dispensent le public d'avoir à s'inquiéter du format RSS. Intéressant à noter : l'université a entamé un travail avec les éditeurs pour définir des "bonnes pratiques" pour définir le contenu des fils rss.
Gold Dust est un projet parallèle, qui est un pilote plutôt qu'un projet abouti et public. Le principe est d'enregistrer un "profil" des chercheurs, qui tient à la fois compte de données initialement entrées, et du comportement réel du chercheur (clics), et d'utiliser ce profil pour générer des alertes automatiques les plus pertinentes possibles.
Anne Christensen : NextGen Catalogs, what do users think?
Anne is responsible for Project Beluga at the Staats- und Universitätsbibliothek Hamburg. C'est un projet de catalogue nouvelle génération, avec facette, champ de recherche unique, fonctionnalités sociales, etc. Ce qui est intéressant ici, c'est l'étude des besoins usagers qui a accompagné le projet, ainsi que des études sur l'usage par la suite.
Parmi les points intéressants à retenir : les usagers, quand bien même ils partagent des infos dans Facebook, ne souhaitent pas, dans leur majorité, partager ce qu'ils font dans le catalogue de la bibliothèque. Ils semblent apprécier la consommation de ces services, mais ne souhaitent pas y contribuer. Il faut donc qu'on puisse récupérer l'information sociale et leur proposer, sans pouvoir compter sur leur contribution.
Les contenus en provenance d'Amazon, dans un contexte universitaire, sont vus aussi avec suspicion : les étudiants interrogés veulent un environnement de recherche le plus neutre possible. Mais ils veulent l'information quand même : il faut donc pouvoir la leur présenter de la façon la plus neutre possible.